Compte Rendu de la Table Ronde : Senrichir de nos différences pour converger vers l’universel, la pensée prospective de Senghor au XXIè siècle

Samedi 20 mai 2006 marque la fin de l’exposition consacrée à Senghor organisée par l’association Solidarité Cergy Thiès assistée des associations Carrefour du Soleil, Association Culturelle Berbère du Val d’Oise et Enjoy ainsi que la Mairie de Cergy.

Après une présentation claire et précise des différents intervenants réunis autour de la table, Astou Niang, la chargée de la Francophonie, a laissé sa place à Raphael Tonton, le modérateur.

S’enrichir de nos différences pour converger vers l’universel, la pensée prospective de Senghor au XXe siècle, tel était l’intitulé de la table ronde. Les intervenants ont abordé les différents aspects des multiples facettes de la pensée Senghorienne. Cependant, deux dimensions importantes ont attiré l’attention de l’auditoire : le poète et le politique.

Le thème du métissage culturel occupe une part importante dans l’oeuvre du poète qui avait « assimilé les constantes de la culture » comme le souligne Abdoulaye Ly. Senghor puise sa pensée dans le royaume de l’enfance. Ly a insisté sur ce qu’il appelle la « bi culturalité » qui se dégage dans l’oeuvre du poète car dans beaucoup de ses poèmes, il évoque sa terre natale Sine, sa région et les autels sacrés comme les Pangols.

Pour Jean-Michel Djian, plus qu’un pédagogue, Senghor est un visionnaire car, dit-il, en 1963 déjà, Senghor parlait d’écologie dans un de ses discours et trente ans plus tard, l’histoire lui a donné raison car « il était en avance sur son temps ».

Ndongo Mbaye rend hommage à Birago Diop et Cheikh Anta Diop deux grands auteurs sénégalais qui ont marqué leur époque par la production d’oeuvre de grande qualité. Le premier a co-écrit avec Senghor un recueil de contes intitulé L’histoire de Leuk- le lièvre. Le livre de Birago ressemble aux Contes de Perrault ou aux Fables de La Fontaine.

Le conte a une fonction éducative. Pour Mbaye le thème du merveilleux est également présent dans l’oeuvre du poète. Evoquant l’importance de la parole en Afrique, il déclare : « nommer une chose, c’est le faire exister. »

Le second, Cheikh Anta, a surtout lutté contre la falsification de l’histoire africaine par les colonisateurs. En effet Diop s’est opposé à cette vision anhistorique de l’Afrique fondée sur une idéologie raciste dont les défenseurs étaient Gobineau, Lévy-Bruhl, Hume.

Pour Julien de Saint-Jores le métissage culturel est une réalité pour le poète. Rappelant la boutade lancée par Senghor en 1937 : « Assimilés, non être assimilés ». Il a également évoqué la formation classique de Senghor en grecque et latin ce qui lui a permis de maîtriser la pensée des grands philosophes tels que Platon ou Socrate. Saint-jores a aussi critiqué les incompréhensions liées à une mauvaise lecture ou au procès qu’on a voulu faire au poète à tort quand il affirmait que : « L’émotion est nègre, la raison hellène. »

Pour certains, Senghor attribue la raison à l’occidental et l’émotion à l’africain. Or ce qu’il faut comprendre est la dialectique que le poète utilisait souvent qui est le principe de la contradiction menant au dépassement.

Hamidou Sall qui a le plus côtoyé Senghor pense que cet homme est le père de la Francophonie mais aussi le chantre de la civilisation de l’universel et c’est pour cette raison qu’il considère sa pensée comme d’actualité car elle rentre parfaitement dans le cadre de la semaine consacrée à l’égalité des chances et de la citoyenneté.

Quand on lit Senghor certains comportements liés au racisme peuvent diminuer car ignorance et peur de l’inconnu engendrent racisme et discrimination.

Apprendre à se connaître pour vivre ensemble et s’accepter quelque soit sa condition est une nécessité pour s’enrichir de nos différences.

Pour joindre l’utile à l’agréable, les frères Guissé, un groupe de musiciens venu du Sénégal ont bercé le public cergypontains de leurs mélodies puisées dans la culture sénégalaise. Les thèmes évoqués dans leurs chansons sont liés à l’amour, la fraternité, la tolérance. Ainsi de belles dames sénégalaises n’ont pas hésité à esquisser des pas de danses.

Babacar Dione Solidarité Cergy Thiès

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Semaine de la Solidarité Internationale 2010
à Cergy Pontoise


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