Compte rendu du Colloque : La Coopération décentralisée – un outil de développement durable et de rapprochement entre le Nord et le Sud

Le Vendredi 17 Novembre 2006 s’est tenu à Cergy Pontoise, dans la grande salle du conseil municipal de la Mairie de Cergy, un colloque intitulé : La coopération décentralisée : un outil de développement durable et de rapprochement entre le Nord et le Sud.

Ce fut un vaste sujet qui a suscité un débat passionnant et de grande qualité que l’on pouvait observer à travers les communications aussi riches que variées des nombreux participants. Plusieurs questions ont été soulevées, des pistes de réflexion dégagées, des définitions débattues concernant les termes tels que Solidarité internationale, développement durable, coopération décentralisée.

Madame Cécile TONG TONG, Adjointe au Maire, chargée de l’intégration, de la coopération et de l’économie solidaire qui a ouvert la séance au nom du Maire de Cergy Dominique LEFEBVRE. Après avoir vivement remercié tous les participants venant du Sénégal, d’Algérie, de la Palestine, s’est penchée sur la notion de coopération décentralisée qui « doit être fondée sur plusieurs éléments parmi lesquels la logique de partage, les échanges d’expériences afin de favoriser le rapprochement entre le Nord et le Sud.

Bertrand Gallet, Directeur Général de Cités Unies France s’est posé deux questions : « En quoi dans une coopération de ville en ville le développement durable est-il une valeur ajoutée ? Et en quoi cette coopération peut elle mettre en puissance des réseaux mondiaux ?

Pour lui, « le développement durable correspond à un principe auquel il faut tendre pour une prise en compte de la bonne gouvernance.

Il faut une volonté politique et de la transversalité En effet la sensibilisation de tous les acteurs locaux est nécessaire .Par exemple le monde associatif . Le plus important pour lui c’est d’avoir « une convention fondée sur quatre objectifs : la réciprocité, la solidarité, l’égalité, le respect mutuel. Il a terminé son intervention en citant le Général De Gaulle qui déclarait « Les états n’ont pas d’amis ils n’ont que des intérêts »

Prenant la parole à son tour, Guirane NDIAYE, Député et Adjoint au Maire de Thiès (Sénégal) a rappelé que la création de l’association Cergy-Thiès à Cergy et de l’association Médina Fall-Cergy à Thiès, montre la place qui est dévolue aux associations par le biais desquelles certaines activités seront mises en œuvre, sous le contrôle des deux municipalités.

Les objectifs visés selon lui peuvent être déclinés en trois points « D’abord faire mieux connaître aux populations respectives de Thiès et de Cergy les réalités socio-économiques et culturelles des deux villes, à travers l’échange de jeunes, d’étudiants et d’artistes.

Ensuite asseoir un cadre de solidarité agissante en mettant en œuvre des projets susceptibles d’impacter positivement et durablement la vie des populations.

Et enfin échanger de bons procédés en matière de gestion technique, administrative, sociale et financière de services municipaux.

Le maire a rappelé que Médina Fall, le quartier le plus peuplé (35000habitants) de Thiès a été retenu comme zone d’intervention prioritaire pour l’exécution des projets ciblés.

La première action s’est matérialisée selon le maire par l’envoi à Thiès de divers matériels composés de lits d’hôpitaux, d’un appareil électrocardiogramme, d’un défibrillateur, d’ordinateurs, de chaises, de tables, de machines à coudre, de pupitres, de manuels scolaires.

L’implantation de la Maison de Cergy à Thiès est le projet-phare qui sera réalisé prochainement, grâce aux financements mobilisés par la Ville de Cergy et aux ressources collectées par l’Association Cergy-Médina Fall, sur le terrain que la municipalité a identifié et mis à la disposition l’association solidarité Médina-Fall/Cergy ».

Moulay Idriss CHENTOUF, responsable de l’Association Algérienne pour la Protection et la Santé de l’Enfant, Bab Ezzouar (Algérie) a mis l’accent sur ce qu’il appelle « L’école de la seconde chance comme une alternative à l’échec scolaire ». Cette association prend en charge les exclus du système scolaire .Elle est en partenariat avec la CIMADE et L’Ambassade d’Algérie. Son objectif est de montrer qu’avec de faibles moyens on arrive à avoir des résultats.

Elizabeth AUCLAIR, Maître de Conférence en aménagement à L’université de Cergy-Pontoise pour sa part, a axé son intervention sur le développement durable.

Elle a insisté sur le déséquilibre entre le Nord et le Sud en rappelant que le terme de développement durable est apparu dans le rapport qui a donné lieu au sommet de Rio en 1992.

Il faudra attendre celui de Johannesburg pour avoir une définition officielle en ces termes : « C’est un développement qui s’efforce aux besoins du présent .C’est le principe de solidarité entre les générations mais aussi entre le Nord et le Sud ».Il vise à améliorer le niveau de vie et la qualité de vie en ce qui concerne la santé et l’éducation.

Les principes du développement durable peuvent être résumés ainsi : « une articulation entre l’économie, le social, et l’environnemental. Ensuite le respect de la diversité sociale et culturelle des populations : ne pas imposer des valeurs ou des modes de vie occidentale ».

Quant à Coumba Traoré-PEYTAVIN, Déléguée fédérale aux relations internationales à la fédération nationale Léo Lagrange elle évoque la solidarité en se posant trois questions fondamentales :

Quelle solidarité parlons-nous ? De quelle action parlons-nous ? Pour quels acteurs ?

Elle pense que la terminologie exacte serait le co-développement qui doit être fondé sur trois piliers essentiels que sont : L’Etat, la collectivité locale, et la société civile.

Elle a aussi rappelé qu’il y a des valeurs de réciprocité et d’échanges qui doivent être respectés. Pour elle la coopération décentralisée ne peut être un outil de développement durable que si l’on investit sur les jeunes et les femmes.

La dernière intervention revenait à Michel MOMBRUN, Expert international conseiller spécial auprès des Nations unies, Président de « Objectif21 » dégageant les perspectives du colloque déclare que le développement durable doit répondre aux besoins des plus démunis .

Selon lui quatre capitaux sont nécessaires pour qu’il ait un développement durable à savoir : « Le capital humain, le capital naturel, le capital social, et le capital financier. »

Il a mis l’accent sur l’échange car souligne t-il : « L’échange est une richesse permanente et l’exclusion est une perte pour la société.

Nous devons être les uns avec les autres et non les uns contre les autres même si la coopération décentralisée n’est pas toujours une réussite. Aujourd’hui l’être humain agit beaucoup plus en prédateur qu’en protecteur. Il est important d’être à la fois citoyen local et citoyen mondial. »

Il a terminé son intervention en insistant sur les deux exigences que sont la santé et l’éducation mais également la prise en compte des réalités des pays avec lesquels on travaille.

Babacar Dione, Solidarité Cergy Thiès

Mots clés: ,

Semaine de la Solidarité Internationale 2010
à Cergy Pontoise


Cergy Pontoise Solidaire
www.cergypontoise.fr